Guinée : le plan de riposte contre le COVID-19 n’est qu’une mafia organisée (Tribune)

Encore une fois, sa réputation de tardillonne en tout ne s’est pas démentie. Elle nous y a habitués, donc point de surprise. C’est le contraire qui nous aurait étonnés. Elle en a été touchée la dernière, et voilà qu’elle en est devenue la première, brandissant ses chiffres, jour après jour, tel un trophée de guerre. La Guinée, seule au monde, à rester enferrée jusqu’à la garde, pieds et poings joints, comme prise au grand traquenard du COVID-19, pour l’éternité grâce à une mafia organisée, qui maintient tout un pays, dans la gueule du loup !

Oui, la Guinée se maintient dans le hareng saur, qui sent chaque jour un peu plus la caque. Elle reste et restera jusqu’au trognon de ce qui est possible d’imaginer, le verrou de la résistance, loin de céder. Il y a à peine cinq ans que l’on se débarrassait d’Ebola. On sait ce qu’il a coûté au pays, point n’est besoin de s’y attarder. On sait le contrecoup subi par l’économie du pays, finalement exsangue ! Point n’est besoin de retourner le couteau dans une plaie encore brûlante et fumante. On sait tout cela, mais, aussi étonnant et ahurissant que cela puisse paraître, au pays d’Alpha Condé, on aime bien les épidémies car elles sont de gros pourvoyeurs de fonds qui rempliront la panse à tous ces bandits à col blanc.

Comme Ebola, on aime bien le COVID-19, on cohabite bien avec lui, on s’entend bien avec lui, on en a fait un compagnon dont on ne voudrait plus se séparer. On apprend déjà à vivre avec lui comme un homme et son ombre. Ici, on s’en fout de savoir que ce compagnon est entrain d’être répudié, chassé, congédié ailleurs, de la manière la plus abrupte, on s’en fout de savoir qu’ailleurs, on n’a eu aucune commisération pour lui, qu’on lui a réservé un traitement Spartiate. Ici, on s’en fout de savoir que partout où ce compagnon adulé au pays d’Alpha Condé, ennemi ailleurs, séjourne, il est en passe d’être expulsé comme un malpropre. Mais ici, on se moque du tiers et du quart, ici, peu nous chaud de savoir que même la petite sierra Leone, à peine remise des séquelles des atrocités des années de braise du RUF, qui l’a envoyée en enfer, a réussi à entasser Pélion sur Ossa, pour enfin se tirer d’épaisseur, pour se sortir des griffes de cet ennemi. Ici, on ne veut point voir l’ennemi-compagnon qui a élu domicile chez nous, partir. On veut qu’il y reste pour toute l’éternité. Oui, parce qu’avec lui, on continue de brasser de bonnes affaires, on continue la surenchère. Et c’est tout le monde qui y trouve son compte. Intervenants locaux et ces soi-disant partenaires, en réalité des businessmen à leur façon. Depuis le début, on nous a rabattu les tympans avec des idées et stratégies aussi loufoques que trompeuses les unes que les autres, se révélant toutes inopérantes et inefficaces. Et avec cette course effrénée aux chiffres, nous sommes loin d’espérer voir le bout du tunnel!

Du plan de riposte à la crise annoncée par le gouvernement, tout n’est que mensonges cousus de fil blanc. Une grosse supercherie, une grosse entourloupette. Comme avec Ebola, combien de fonds passeront à la trappe, dont aucun radar au monde ne puisse en garder trace. En parler, oblige à penser au premier comité de gestion de la crise Ebola dont la gestion a été catastrophique. En parler, oblige à pointer Dr Sakoba et son équipe, pour exiger d’eux qu’ils rendent compte de leur gestion.

Le plan de riposte contre le COVID-19 n’est qu’une mafia organisée, un complot ourdi contre le peuple, pour indéfiniment sucer son sang jusqu’à la dernière goutte. Si ce n’était cela, notre pays ne serait aujourd’hui pas un terrain propice à la propagation du Coronavirus. Et puisqu’ils sont insatiables, telles des sangsues, puisque jamais, si cela ne tenait qu’à eux, bande d’aigrefins, d’arnaqueurs, le CIVID-19 ne partira de la Guinée. Il ne nous reste plus qu’à vous envoyer périr en enfer où vous paierez pour tous vos péchés, il ne nous reste plus qu’à demander que vous libériez le plancher, vous nous avez tant enfoncé dans le Radeau de la Méduse, vous nous avez tant fait du mal en faisant de nous des appâts. Pourchassés par la malédiction du peuple, vous finirez en enfer, où vous irez cracher tout ce que vous avez injustement amassé, en mercantilisant une épidémie aussi ravageuse, aussi insidieuse !

 

Mamadou Pathé BARRY, journaliste et citoyen engagé

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