Boké, une malédiction minière pour les populations ?

Elles sont nombreuses ces sociétés minières qui sont implantées dans la zone minière de Boké. La gouvernance minière, dans la commune urbaine, est un aspect à ne pas perdre de vue. La relation entre les élus du peuple dans cette ville et les sociétés minières ne serait pas au beau fixe, à en croire certaines confidence.

Dans la ville, le constat est alarmant. « Honnêtement, c’est regrettable quand vous voyez l’état des lieux. Depuis le début de la saison pluvieuse, il ne pleut pas beaucoup à Boké. Et tout cela est causé par l’exploitation minière. Il n’y a pas de reboisement, toutes nos routes sont défoncées », regrette Mamadou Safaye Diallo, vice-maire de la commune urbaine de Boké et chargé des questions de développement.

Comme on dit souvent, il est difficile d’être gardien de l’enfer et mourir de froid. Mais les habitants de la ville de Boké sont tout proche de cette épreuve. L’état des routes de la commune urbaine reste à désirer. Des trous sont visibles un peu partout. « Malheureusement, aujourd’hui les mines sont en train d’être exploitée sans qu’il n’y ait d’impact économique positif sur la vie de la population. Les cas de Kamsar, Kolaboui et de Sangaredi sont des illustrations parfaites. Dans ces grandes localités, vous ne trouvez ni route bitumée, ni eau. Il n’y a absolument rien qui est fait pour nos population.. Alors qu’aujourd’hui près de 80% des revenus minières viennent de cette zone », ajoute-t-il.

Le quotidien des Kakandékas ne reflète pas les réalités qu’auraient dues être la ville. Entre 2017 et 2018, de nombreux mouvements de revendications ont secoué la ville pour l’amélioration des conditions de vie de la population (fourniture d’eau potable, desserte en électricité et une meilleure éducation). « Des revendications qui n’ont toujours pas abouti », dénonce un activiste de la société civile.

« C’est une ville pratiquement malade, il faut le dire. Une ville qui manque de tout, une ville qui a été décrétée zone économique spéciale dont on peine pour l’instant à voir les réalités, la matérialisation de l’appellation de zone économique spéciale. (…) Les manifestations de septembre et octobre 2017 ont engendré des réclamations, mais qui n’ont jamais abouti. Aujourd’hui, le constat de façon globale est que Boké manque de courant électrique, d’eau, etc. », assure de son côté Bassekou Amirou Dramé, citoyen de la ville.

Aliou Diallo

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