FERMETURE DE COMMERCES : les autorités de N’Zérékoré mettent la pression sur les commerçants

Dans la commune urbaine de N’Zérékoré, une mission de la mairie a sillonné ce jeudi 5 novembre les marchés de la ville, avec pour objectif d’identifier tous les magasins et boutiques fermés depuis la veille de l’élection présidentielle du 18 octobre dernier.

C’est une décision qui fait grincer les dents dans la capitale de la Guinée forestière. Dans la matinée de ce jeudi, une mission de la mairie s’est rendue au grand marché de N’Zérékoré. Ce, afin d’identifier tous les magasins, boutiques et tables ayant décidé d’arrêter les activités. La mission a mis des croix sur toutes les portes fermées et des tables vides.

Interrogé sur les motifs de cette décision, le maire de la commune urbaine de N’Zérékoré a expliqué que si les propriétaires ne « viennent pas [pour reprendre leurs activités], on enlèvera ces tables et conteneurs pour les déposer à la mairie (…) On ne sait pas la raison qui les pousse à se comporter de la sorte. Certes, ils veulent faire de la ville de N’zérékoré une ville fantôme. C’est ça la raison », a estimé Moriba Albert Delamou.

Assis devant sa boutique fermée, un commerçant déplore cette attitude des autorités communales. « Ce jeudi matin, une équipe de la mairie accompagnée de policiers est venue au grand marché. Ils m’ont trouvé là, sans même m’adresser un mot, ils se sont mis à mettre une croix rouge sur ma boutique. Je leur ai demandé pourquoi ils ne m’ont pas répondu. Ce que je n’apprécie pas, c’est de venir mettre quoi que ce soit devant la porte de quelqu’un. Avec ça si par malheur, quelqu’un trouve ces croix et il profite pour casser la porte et prendre tout ce qui est dedans, en ce moment ce sont les autorités qui seront prises pour responsables », a prévenu Mamadou Sidibé.

Par ailleurs, il condamne le silence « coupable » des autorités suite aux pillages de boutiques et de magasins pendant la crise post-électorale. « Depuis qu’il y a eu ces pillages ici, personne n’est venue vers les victimes pour leur dire qu’elles seront assistées. Donc, on se sent en insécurité et c’est pourquoi on ferme nos boutiques », a indiqué M. Sidibé.

Il faut rappeler qu’au lendemain de la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle du 18 octobre dernier par la CENI, plusieurs boutiques et magasins ont fait l’objet de pillages. Jusqu’ici les victimes n’ont pas été dédommagées et aucun responsable arrêté.

Niouma Lazare Kamano, N’Zérékoré

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