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En écrivant ces quelques lignes, en ce jour de célébration de la « Journée internationale de la liberté de la presse » et en réaction à la grosse tragi-comédie qui se joue en Guinée depuis belle lurette, devant les tribunaux et cours de justice du pays , avec des dossiers tout aussi comiques et ridicules, j’ai le cœur qui saigne, l’âme déchirée, mon être tout en marmelade, condamné que je suis, à assister impuissant à voir s’écrouler comme un château de cartes, le minimum d’acquis démocratiques chèrement bâtis de bric et de broc, durant de pénibles années de lutte, dans ce pays.

Je ne cesserai de le dire, ici plus qu’ailleurs, à haute et intelligible voix, depuis l’avènement du régime d’Alpha Condé au pouvoir, la démocratie, au lieu de se renforcer, s’est plutôt affaissée dans mon pays, le peu d’acquis en la matière, sacrifiés, déconstruits, détruits sur l’autel du culte de la personnalité.

Dans le lot de cet infime acquis, il y a la loi L002 portant liberté de la presse, aujourd’hui, plus qu’hier, mise à rude épreuve, malmenée, triturée et enterrée six pieds sous terre. J’ai mal pour la Guinée ! Mon pays va à vau-l’eau ! La démocratie embastillée ! Sous Alpha Condé, on a décidé, de sacrifier tout, au profit d’un être démoniaque. Notre désormais « souverain » depuis son palace de Sékhoutouréya a décidé de marcher sur tout pour assouvir ses volontés hystériques.

Je suis en colère, je suis meurtri, je suis révolté, trop c’est trop ! Sous Alpha Condé, comble de l’ignominie, toutes nos lois sont passées sous la trappe du monarque. Parmi celles-ci, la L002 qui encadre l’exercice de la liberté de la presse, est superbement foulée au sol pour jeter en prison, les journalistes, du nombre desquels le doyen Amadou Diouldé Diallo sous le silence coupable de nos confrères journalistes et les patrons de presse qui se soucient plus des miettes qui leurs sont jetées par notre cher El Présidente. Son péché, son crime, comme tous les autres détenus politiques qui croupissent dans les geôles du grand « Faama », avoir dénoncé les dérives dictatoriales de celui-ci. Diantre ! Quelle folie !

Que dire de ces juges et procureurs qui se couvrent de honte, en rentrant par une petite détournée, dans la poubelle de l’histoire de notre pays, en décidant de juger et condamner de pauvres journalistes en dehors de la loi qui encadre l’exercice de ce noble métier en Guinée.

Comment voulez-vous que par de tels agissements déshonorants, que les guinéens vous respectent ? Comment voulez-vous qu’on ne vienne pas vous envoyer à la figure, vous les magistrats de mon pays, toutes les tomates pourries du monde entier ? C’est ce que vous méritez ! Vous faites honte ! Vous pensez un tant soit peu à l’image que vous laisserez aux futures générations ? N’avez-vous pas honte un tantinet de courber l’échine, pour servir la volonté d’un seul homme, c’est inacceptable, c’est intolérable ! Imaginez-vous les conséquences qui peuvent découler de vos acte ?

Ces dérapage, ces crime, vous seuls les porterez sur votre conscience, si au tout hasard vous en aviez, devant l’histoire de la Guinée. L’histoire retiendra que vous tous, magistrats de ce pays, avez décidé de trahir votre nation, pour ne servir que la volonté d’un seul et unique individu, qui n’est pas éternel et dont le règne n’est plus qu’à son crépuscule. Et savoir que les 40 années de lutte de l’opposant Alpha Condé, ne devaient servir qu’à cela, je dis ici que c’est navrant, c’est décevant, c’est encore une décennie de perdue, de gâchée pour notre pays.

Bravo donc à notre cher Présidente « Aladji Professeur » Alpha Condé, qui nous montre jour après jour son véritable visage. Celui d’un dictateur sanguinaire qui n’a pour seul but que de soumettre ses compatriotes, que dis-je, ses « sujets » à un traitement dégradant. Tout ça pour intimider, flanquer la peur à tout le monde notamment aux politiques et journalistes, pour ainsi faire taire toutes les voix discordantes. Je dis ici que vous vous gourez ! Vos agissements n’auront guère raison de nous, de notre détermination, de notre soif de liberté et de démocratie.

À bon entendeur, salut !

Mamadou Pathé Barry, journaliste et citoyen engagé

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