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A  l’occasion de la célébration du 72eme anniversaire des droits de l’homme, les Organisations et Associations de défense des droits humains ont formulées des recommandations aux différents acteurs de la République de Guinée.

 Lisez :

Soucieuses de la préservation de la paix, de la quiétude sociale, du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales des citoyens, les Organisations et Associations de défense des droits humains en Guinée recommandent :

Au président de la République, garant de la Constitution, pour :

Son implication personnelle pour renouer le dialogue entre le gouvernement et les partis politiques ;

Son implication personnelle dans la lutte contre l’impunité, à travers la tenue, du procès du massacre du 28 septembre 2009 ainsi que la poursuite de tous les auteurs et commanditaires de violations et atteintes des droits humains ;

Le passage à la phase opérationnelle du processus de réconciliation nationale par la mise en place d’une Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » conformément aux recommandations de la CPRN ;

L’effectivité de la liberté de manifestation conformément aux lois de la République ;

Le renforcement de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes et les crimes économiques ;

Veiller à la poursuite de la réforme des secteurs de la sécurité et de la justice avec un accent particulier sur le respect des droits des humains et des règles relatives à l’usage disproportionné de la force par les forces de défense et de sécurité ;

Le renforcement de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ;

Veiller au caractère républicain de l’administration en sanctionnant toute prise de position partisane d’un agent de l’Etat dans l’exercice de ses fonctions. La modernisation de l’administration est à ce prix.

Au Premier ministre, Chef du gouvernement pour qu’il :

S’engage et s’implique dans le dialogue politique et social conformément au mandat que lui confère la Constitution et qu’il veille au respect et à l’application des accords signés entre le pouvoir et l’opposition d’une part et les partenaires sociaux d’autre part ;

Veille au respect par ses services compétents des règles régissant l’exploitation des ressources naturelles conformément aux normes internationales en la matière et qu’il s’assure que les entreprises s’acquittent de leur responsabilité sociale au plan environnemental par la mise en place de mécanismes fiables prenant en compte les préoccupations des populations riveraines des sites miniers ;

Au Ministère de la Justice, Garde des sceaux pour l’accélération :

-des procédures judiciaires pendantes devant les juridictions notamment concernant les violences enregistrées avant, pendant et après l’élection présidentielle du 18 Octobre 2020, les violences liées aux manifestations du FNDC depuis octobre 2019, et l’ouverture du procès relatif au 28 septembre 2009 ;

-du processus d’élaboration de la loi sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme ;

-des procédures de traitement des cas de violences faites aux femmes et aux filles, particulièrement des violences sexuelles ;

Au Ministère de la Sécurité et de la Protection civile :

-de veiller à ce que les agents en charge du maintien de l’ordre public obéissent au respect des lois et règlements en la matière.

-de sensibiliser les forces de sécurité sur la responsabilité de l’Etat de protéger tous les citoyens sans distinction et de sanctionner fermement tous comportements déviants.

Au Ministère de l’Unité nationale et de la citoyenneté pour qu’il :

Maintienne le rythme de coopération avec les mécanismes africains et onusiens des droits de l’Homme à travers une présentation régulière de rapports au niveau de ces mécanismes ;

Vulgarise la lettre de politique nationale des droits de l’Homme adoptée par le gouvernement en vue de son appropriation par les citoyens. Les organisations et associations des droits humains s’engagent à accompagner son département dans ce travail de vulgarisation.

Au Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation afin qu’il délivre au mouvement associatif les agréments dont ils ont besoin pour renforcer leur personnalité juridique.

A l’Assemblée nationale pour qu’elle :

Veille à l’adoption et à la promulgation en l’état, des lois de la république tout en s’assurant qu’elles sont respectueuses des droits humains ;

Créer des commissions d’enquêtes parlementaires chaque fois que des violations des droits humains sont commises.

Aux partis politiques pour qu’ils :

Privilégient le dialogue et la concertation ainsi que l’éducation citoyenne de leurs militants. Les conflits sont le naturel de l’Homme, mais ils ne sont dangereux que lorsqu’ils deviennent violents et que les parties en conflit ne parviennent pas à trouver des mécanismes pour les contenir.

A la société civile, pour qu’elle continue à jouer son rôle de veille et d’interpellation pour le respect des droits humains.

Aux partenaires techniques et financiers que nous interpellons ici afin qu’ils ne se lassent pas d’accompagner la Guinée dans sa quête quotidienne d’une société démocratique et respectueuse des droits humains où l’Etat dans sa puissance est soumis au droit. Nous en appelons particulièrement à une meilleure implication de la CEDEAO, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, des Etats Unis d’Amérique et des Nations Unies dans la crise politique actuelle afin d’éviter que le pays ne retombe dans un autre climat de violence susceptible d’engendrer d’autres violations graves des droits humains.

Abdoulaye Bouka Barry

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